PSA redémarre industriellement en Iran avec la 2008

پژو 2008

Téhéran (ISNA)- La production iranienne de la Peugeot 2008 démarre actuellement.

Elle marque le grand retour de Peugeot en Iran. Les accords définitifs pour la réintroduction de Citroën sur place seront signés dans les prochains jours. PSA vise 40% du marché iranien

"Nous démarrons la production de la Peugeot 2008 actuellement en Iran", annonce ce lundi Jean-Christophe Quémard, patron de la zone Afrique-Moyen-Orient de PSA, à la veille de l'ouverture du salon de l'auto de Téhéran.

C'est le premier signe tangible du grand retour de PSA sur place, après qu'il a été obligé d'interrompre ses relations avec l'Iran en 2012… sous l'injonction de l'éphémère allié américain GM. Le petit "SUV" Peugeot sera commercialisé localement à la mi-avril pour des premières livraisons en mai. Ce sera le premier véhicule vraiment moderne de la production automobile iranienne, qui tranchera avec les vieilles Peugeot 206 et 405 fabriquées sur place depuis longtemps. 15.000 unités de cette 2008 au moins devraient être vendues cette année en Iran.

Le deuxième nouveau modèle, la 301 (une 208 rallongée à carrosserie classique avec coffre séparé), "sera industrialisé avant l'été 2018". Ce sera d'ailleurs le modèle le plus populaire, puisqu'il devrait à terme remplacer la 405. Enfin, la petite 208 arrivera quelques mois après la 301. Et ce n'est pas fini, les accords définitifs pour produire des Citroën "devraient être signés dans les jours qui viennent". Les modèles n'ont pas été précisés. Il pourrait s'agir de la récente C3 et de la C4 Cactus. La première Citroën produite en Iran sera industrialisée début 2018, le deuxième modèle fin 2018. Trois véhicules de la marque aux chevrons sont prévus au total. Et des pourparlers ont lieu pour fabriquer à terme des utilitaires du groupe.

Pas facile d'exporter

Au début, le taux d'intégration locale de la 2008 sera faible (20% avec l'assemblage des sièges, des pare-chocs…) mais "il montera à 40% dans moins d'un an". Et à terme PSA vise les 70%. PSA compte exporter, vers les pays limitrophes (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, Ouzbékistan, Turkménistan…). L'Etat iranien exige que Peugeot comme Citroën exportent 30% de leur production. Mais, pour cela, il faut que la qualité s'améliore.

PSA avait signé un premier accord en janvier 2016, puis conclu le 21 juin dernier l'accord définitif avec le groupe d'Etat Iran Khodro pour produire les trois nouveaux modèles Peugeot. Une co-entreprise à 50-50 a été établie. Les volumes envisagés sont de 200.000 exemplaires annuels avec un investissement de 400 millions d'euros, dont une bonne partie a déjà été effectuée. Carlos Tavares, président de PSA, a par ailleurs paraphé jeudi 6 octobre l’accord pour le retour de Citroën en Iran avec le groupe local Saipa. Une société commune à 50-50 prévoit la production de 150.000 exemplaires annuels vers 2021, pour 300 millions d’euros d’investissement. Les capacités sur le site Kashan (250 kilomètres au sud de Téhéran) sont de 230.000 unités.

Marché très prometteur

Mais c’est surtout le marché qui est prometteur. Il a atteint un record de 1,6 million d’unités en 2011, avant de retomber à moins de 800.000 en 2013, après les sanctions internationales. Il a regrimpé à 1,1 million en 2015 et 1,3 million en 2016 (année légale se terminant le 20 mars 2017), en attendant "plus d'1,5 million cette année", pronostique Jean-Christophe Quémard. Il y a 200 voitures pour mille habitants, soit davantage que la moyenne mondiale (160), mais le taux demeure 3,5 fois inférieur à celui de l’Europe. Il y a donc du potentiel, avec de surcroît une classe moyenne importante.

Les français ont le champ libre

Certains constructeurs négocient cependant des accords de production comme Volkswagen pour des utilitaires (dans un premier temps) avec le groupe Mammuth ou Hyundai avec Kerman Motor. Mais, PSA, qui affirme détenir 32% du marché iranien (en 2016) avec la seule marque Peugeot – c'est la plus grosse pénétration de la firme au lion dans le monde - vise les "40% en 2019-2020", indique Jean-Christophe Quémard. En 2016, PSA a écoulé "plus de 400.000 unités dans le pays", en comptant évidemment les 206 et 405.

Pour l'automobile française , avec l’Iran c’est une longue histoire. Dès 1968, Citroën fabriquait la Jyane (la Dyane dérivée de la 2CV). Quelques Méhari locales ont aussi vu le jour. Mais, surtout, en 1978, PSA reprend… Chrysler Europe. Or, la branche britannique des activités du groupe américain sur le Vieux continent avait établi dans les années 1960 une base de production cruciale avec Iran Khodro, pour fabriquer sur place la Paykan, une berline de gamme moyenne Hillmann Hunter rebaptisée. Cette voiture, encore omniprésente sur les routes, sera la voiture nationale iranienne. La fabrication ne s’est d’ailleurs arrêtée que récemment, 2009 pour la berline, 2015 pour son dérivé pick-up.

PSA prend donc logiquement la suite de Chrysler UK. Le français en profite pour introduire en 1991 la Peugeot 405 chez Iran Khodro, qui remplacera progressivement la Paykan dans le cœur des iraniens.  Puis, en 2001, arrive la 206. Une version de cette dernière avec coffre séparé, censément plus flatteuse, est lancée en 2006. Ces modèles sont toujours produits. Une 405 a l’avantage d’être spacieuse, facilement réparable et pas chère (à partir de 8.000 euros). Des Citroën Xantia ont également été produites, chez Saipa, dans les années 2000.

Renault est aussi présent

PSA n'est pas seul. Renault a aussi fait figure de pionnier. La R5 a été fabriquée dans les années 1970 et 1980. Et, depuis le milieu des années 2000, la firme au losange assemble la Tondar, la Dacia Logan locale, chez Iran Khodro et Saipa. Elle a ensuite ajouté à son catalogue la Sandero. Contrairement à PSA, Renault ne s’est pas retiré du marché durant la période des sanctions internationales. Et, le 30 septembre dernier, la firme a signé un accord cadre avec la holding d’Etat IDRO pour établir une co-entreprise, dans laquelle Renault sera majoritaire. Les capacités de 150.000 unités par an s’ajouteront aux 200.000 dont il dispose déjà dans le pays. La Renault Symbol (une Logan de deuxième génération) et le 4x4 Duster seront fabriqués à partir de 2018. Renault, qui compte aussi construire à terme la voiture à très bas coûts Kwid, détient 8% du marché environ.  Il a vendu 110.000 unités l'a passé sur place, assure Carlos Ghosn, PDG du groupe. Les français sont en tête de la course.

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