Le commerce entre le Canada et l'Iran commence à prendre forme

پرچم كانادا

Téhéran (ISNA)- Les liens diplomatiques ne sont toujours pas rétablis entre Ottawa et Téhéran, ce qui n'empêche pas certaines compagnies canadiennes d'entreprendre des relations commerciales avec l'Iran.

Radio-Canada a appris que depuis la levée d'une partie des sanctions économiques en février 2016, 30 permis d'exportation ont été accordés à des entreprises canadiennes pour faire affaire en Iran.

Chaque semaine, entre 5 et 7 demandes sont formulées au gouvernement fédéral par des entrepreneurs canadiens qui sont à la recherche d'informations pour percer le marché iranien.

Selon des informations obtenues grâce à la Loi sur l'accès à l'information, les secteurs dans lesquels opèrent ces entreprises sont variés. Ainsi des entreprises liées au secteur du pétrole et du gaz, du transport, de la pharmacologie, de la construction, de l'aérospatiale et de l'agriculture se sont renseignées auprès des autorités fédérales au cours de la dernière année.

En février 2016, le gouvernement Trudeau a annoncé la levée d'une partie des sanctions économiques, ce qui facilite le commerce.

Certains produits sont toujours strictement contrôlés et leur exportation doit être approuvée par des licences.

À ce jour, 30 permis d'exportation vers la République islamique ont été accordés. Le bureau du ministre du Commerce international affirme qu'il s'agit de biens de nature non stratégique. Il précise que cela concerne surtout du matériel provenant des États-Unis, pour lesquels des approbations sont toujours nécessaires.

Si l'intérêt pour le marché iranien est en croissance, le nombre de projets qui vont de l'avant demeure modeste. En plus de certaines sanctions toujours en place, il est difficile d'effectuer des transferts bancaires.

Selon Thomas Juneau, professeur adjoint à l'Université d'Ottawa, le contexte géopolitique n'a rien pour rassurer les potentiels investisseurs.

Il y a une crainte de la part des investisseurs étrangers d'un retour des sanctions cette année ou l'an prochain s'il y a un regain de tensions entre les États-Unis et l'Iran, ce qui n'est pas impossible avec l'administration Trump.

Depuis 2012, l'ambassade canadienne à Téhéran est vide. Le gouvernement Trudeau s'est engagé à rétablir les liens diplomatiques, mais aucune échéance n'a été fixée par Ottawa.

La Chambre de commerce du Canada souhaiterait que d'ici la réouverture d'une ambassade, Ottawa se dote de représentants sur le terrain pour aider à développer la relation d'affaires.

D'avoir des délégués commerciaux sur le terrain directement, on a vraiment quelqu'un qui devient expert sur le terrain qui est capable de conseiller les entreprises.

Pour l'instant, l'option d'envoyer des délégués commerciaux n'est pas envisagée par le gouvernement fédéral.

Le ministre du Commerce international, qui se réjouit de constater l'intérêt de certaines entreprises canadiennes, rappelle que celles-ci peuvent obtenir de l'aide auprès de délégués commerciaux basés aux Émirats arabes unis et au Canada.

Le ministre du Commerce international du Canada, François-Philippe Champagne, recommande fortement aux entreprises intéressées par le marché iranien de demander conseil auprès des autorités fédérales.

Dans des marchés comme ceux-là qui sont émergents, il faut bien connaître les marchés, la dynamique, les régimes en place. Il faut tout savoir ça avant de se lancer.

Le ministre salue la décision du gouvernement du Québec de mener une mission commerciale en Iran pour aider les entreprises du secteur de l'aluminium. Mais pour le moment, Ottawa n'envisage pas d'organiser une telle mission.

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