• lun. / 21 mai 2018 / 15:12
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Quand les alliés de Trump contournent les sanctions US

Téhéran (ISNA)- La communauté internationale ne semble plus vouloir se plier aux sanctions anti-iraniennes de Trump. De nombreux pays, dont les alliés européens des États-Unis ont décidé de tenir bon cette fois-ci face aux ambitions du président américain.

Mardi 8 mai, le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis se retiraient de l’accord signé en 2015 par les 6 puissances du monde sur le programme nucléaire iranien. Il a par la suite annoncé de rétablir les sanctions anti-iraniennes d’avant 2015.

Maintenant, il faut se poser la question de savoir si « les nouvelles sanctions seraient efficaces ou pas ». L’analyste économique Simon Wilson répond que non. Dans un article écrit pour l’édition électronique du magazine économique MoneyWeek , il avance trois raisons pour expliquer l’échec des nouvelles stratégies anti-iraniennes de Trump :

« Premièrement, il n’y a pas cette fois-ci d’intérêt multilatéral à soutenir les sanctions. Contrairement aux sanctions, les principaux alliés européens considèrent les nouvelles mesures punitives des États-Unis comme une manifestation de force de la part de Trump. Agacés de danser sur les airs capricieux de Trump, ces pays s’avèrent déterminés à contourner formellement les sanctions via des licences et des exonérations, ou d’autres mécanismes possibles. Deuxièmement, les plus gros acheteurs de pétrole iranien sont la Chine et l’Inde, qui ne tiennent pas à se soumettre aux sanctions anti-iraniennes US. Troisièmement, la capacité de Washington à imposer des sanctions contre l’Iran n’est plus comme avant. Plus précisément, le département d’État a dissous l’équipe de mise en œuvre des sanctions l’année dernière, tandis que le Trésor a également perdu son personnel en charge des sanctions. »

« De toute évidence, les sanctions contre l’Iran mettraient à mal certaines grandes entreprises européennes, comme Total, Airbus, Siemens et Renault. Mais beaucoup de ces grandes entreprises européennes et asiatiques qui décident de se conformer, par crainte d’un coup dur des Américains, sont ces mêmes entreprises qui ont déjà une exposition minimale en Iran sous peine de la menace permanente de sanctions. Plus généralement, le régime des sanctions et le manque de consensus international créent d’autres risques. Les prix du pétrole sont déjà en hausse en raison des rumeurs autour d’un resserrement de l’offre », explique l’analyste économique en ce qui concerne l’impact des sanctions de Trump sur les marchés mondiaux.

À en croire le critique américain, la décision a par contre de mauvaises conséquences pour l’administration Trump :

« Les sanctions auraient pour effet de renforcer la posture de la Russie, en tant que rival des États-Unis, ainsi que l’Arabie saoudite dont l’influence est sans doute une source de tensions au Moyen-Orient. Elles pourraient exacerber la tension géopolitique dans les relations américaines avec la Chine. Mais la conséquence involontaire la plus importante d’un point de vue stratégique serait-elle que si les nouvelles mesures anti-iraniennes ne fonctionnent pas bien, la Maison Blanche perdra à jamais son levier politique contre un pays qu’elle présente toujours comme une menace contre sa sécurité. »

Avec PressTV

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