L’Europe plus étrangère aux États-Unis

Téhéran (ISNA)- La nouvelle stratégie américaine que l’agent Pompeo a décrit dimanche à la tribune de Heritage a été un réel monument de bêtise.

L’Américain a cherché à coup d’injures, de menaces et de contrevérité, caché une réalité désormais évidente : l’Amérique a perdu. Non seulement en Syrie où elle fait semblant de raviver des projets déjà mis à l’épreuve des faits et défaits, mais aussi en Irak, au Liban où l’antiaméricanisme a gagné les batailles militaires et électorales. À vrai dire, plutôt que contre l’Iran, c’est contre l’Europe et son indépendance que les États-Unis ont déclaré la guerre, par la voix de l’agent Pompeo qui a exposé aux yeux du monde entier à quel point le concept de partenariat, d’alliance est dénué de sens quand il s’agit de s’allier avec l’Amérique.

Car ainsi que le confirme l’ex-diplomate allemand Uwe Karsten, « l’accord nucléaire avec l’Iran n’est qu’un prétexte ». Ce que cherchent les États-Unis, c’est avant tout « une Europe soumise ». Interrogé par DW, l’ancien diplomate se dit ne pas s’étonner de voir « les États-Unis agir de la sorte », puisque « les Américains ne se référent au droit international que lorsqu’ils en tirent profit et intérêt » :

    « Que l’Europe cherche à sauver l’accord nucléaire signé en 2015 avec l’Iran, cela ne plaît guère aux États-Unis. À travers les menaces proférées contre l’Iran et contre les parties qui continueraient leurs coopérations avec l’Iran, les États-Unis visent des objectifs plus vastes. Les États-Unis d’Amérique veulent assujettir l’Europe. Ils veulent une Europe « apprivoisée », « soumise », « réduite au rang de simple exécuteur des ordres US sur la scène internationale ».

La guerre américaine contre l’Iran ne date pas d’hier. Cela fait 40 ans que les États-Unis tentent, sans succès, de mettre au pas la nation iranienne. Ce qui est nouveau par contre, c’est cette manière effrontée et cette arrogance US à menacer « les entreprises européennes » qui continueraient à « bénéficier du marché iranien ». L’extraterritorialité des lois US est brandie désormais comme un épouvantail sous le nez de l’Europe qui peine déjà à satisfaire les exigences autrement insanes des États-Unis dans le secteur du commerce.

Se penchant sur l’intervention de Mike Pompeo devant « Heritage », Huffington Post estime de son côté que la soi-disant nouvelle stratégie US contre l’Iran porte directement atteinte aux relations des deux bords de l’Atlantique. Le journal reprend la menace des sanctions les plus fortes de l’histoire brandie par Pompeo et écrit :

« L’entrée en vigueur d’un nouveau régime de sanctions US contre l’Iran éloignera significativement l’Europe des États-Unis puisque l’Europe a activement contribué à la conclusion de l’accord nucléaire de 2015. D’autant plus que Pompeo a aussi menacé très directement l’Europe. Les entreprises européennes seront sanctionnées, d’après l’intéressé, si elles continuent à travailler avec l’Iran. Or face à cette avalanche de menaces et de tentatives d’intimidation, les Européens vont se mobiliser. C’est l’existence même d’une Europe indépendante que Washington tente de remettre en cause », a poursuivi Huffington Post.

Avec PressTV

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