• dim. / 6 janvier 2019 / 17:07
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Avec Cosette et Jean Valjean, l'Iran s'ouvre à Paris et à Broadway

بینوایان

Téhéran (ISNA)- Jouée à Téhéran jusqu'à fin janvier, la comédie musicale Les Misérables, chantée en persan, remporte un franc succès.

On pourrait se croire à Paris ou New York, mais les acteurs chantent en persan et c'est dans un hôtel de luxe à Téhéran que Les Misérables font salle comble. Jean Valjean, l'inspecteur Javert, Gavroche, Cosette, Marius, Fantine et les Thénardier ont depuis longtemps droit de cité en Iran, où la première traduction des Misérables de Victor Hugo a été publiée en feuilleton en 1910.

Binavayan (Les Misérables en persan) a déjà fait l'objet de nombreux films, dessins animés et bandes dessinées en Iran.

L'idée du spectacle a germé dans l’esprit du metteur en scène, Hossein Parsaï, il y a une dizaine d'années alors qu'il sortait d'une représentation d'Oliver Twist (d'après Dickens) à Londres, raconte-t-il à l'AFP.

«Je me souviens m'être demandé amèrement pourquoi nous n'avions pas de comédies musicales en Iran. La question m'a déprimé pendant plusieurs jours. Puis je me suis promis qu'un jour j'en monterais une», confie le metteur en scène.

Le rêve prend forme fin 2017 avec sa représentation d'Oliver Twist pendant plusieurs semaines à la salle Vahdat, un opéra de plus de 700 places. En comparaison, Les Misérables a des airs de superproduction, avec 150 musiciens et choristes et autant d'acteurs. Tous Iraniens. La salle retenue, le Royal Hall de l'Espinas Palace, luxueux hôtel sur les hauteurs de Téhéran, compte 2500 places.

Pour le public iranien, Hossein Parsaï a adapté la version britannique à l'origine du succès international de la comédie musicale créée initialement en 1980 à Paris par le metteur en scène français Robert Hossein. Depuis la première, le 11 octobre, le succès est au rendez-vous, avec six représentations hebdomadaires.

Pour Hossein Parsaï, le roman de Victor Hugo est un «chef-d'œuvre sans frontières» qui «parle à toutes les époques» et donc «aussi à Téhéran aujourd'hui», juge-t-il. «Il y est question des divisions de classes, de la désagrégation de la société et de la pauvreté, des choses qui existent aujourd'hui, ajoute-t-il. C'est un sérieux avertissement, un rappel aux spectateurs que d'autres classes existent et que nous avons le devoir de les voir».

Le Royal Hall n'ayant pas de fosse, l'orchestre a été installé sur une mezzanine au-dessus de la scène. Le décor, assez minimaliste, est soutenu par des jeux de lumière et de vidéos projetés sur la scène. Des «Vive la France» retentissent en français dans les scènes relatives à l'insurrection républicaine de juin 1832 à Paris.

Hossein Parsaï, pense à la suite. Après avoir amené «Broadway en Iran», il voudrait maintenant étendre le genre à des œuvres iraniennes, comme celles du poète Roumi, qui vécut six siècles avant Hugo.

Avec Le Figaro

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