• dim. / 7 juillet 2019 / 12:40
  • Catégorie: Politique
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L'Iran a pris son deuxième pas de réduction de ses engagements sous titre du PGAC

نشست خبری سخنگوی دولت با همراهی معاون سیاسی وزارت خارجه و سخنگوی سازمان انرژی اتمی

Téhéran (ISNA)- L'Iran vient d'annoncer avoir dépassé le taux d’enrichissement de l'uranium, établi par le PGAC à 3.67%. C'est au terme d'un délai de 60 jours donné à l'Europe et en réponse au refus européen de contrer les sanctions US que l'Iran annonce cette décision.

Cette nouvelle réduction des engagements de l'Iran au titre du Plan global d'action conjoint a été annoncée lors d'une conférence de presse conjointe du vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires politiques, SeyedAbbas Araghtchi, du porte-parole de la présidentielle, Ali Rabiei, et de Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), à Téhéran dimanche. Il s'agit d'une mesure parfaitement légale suivant les termes mêmes de l'accord de Vienne qui autorise l'Iran à réduire ses engagements en cas de non-respect des autres signataires de leurs engagements et en vertu des articles 26 et 36.

Au cours de ce point de presse, le porte-parole du gouvernement a annoncé que" l'Iran va dépasser le taux de 3.67% et ce, au terme du délai de 60 jours non respecté par la partie européenne. " Selon Rabiei, le taux "sera fixé suivant les besoins de l'Iran" et il "sera décidé et annoncé officiellement".

Pour sa part, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghtchi, a déclaré que dans le deuxième pas, l’Iran annonce qu’il se désengage dans les domaines du degré du pourcentage et de la densité de l’enrichissement.

« Aujourd’hui, nous sommes à la fin du premier délai de 60 jours et comme nos demandes ne sont pas réalisées nous prenons le deuxième pas », a-t-il ajouté en soulignant que le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a écrit une lettre officielle à la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires extérieures, Federica Mogherini, qui l'enverra ce dimanche, dans laquelle il annonce le refus de l''Iran d'accomplir son engagement en termes de taux de l'enrichissement de l'uranium.

Il a ensuite insisté que « peu importe que retourner à la table des négociations soit le désir des Etats-Unis ou l’initiative de la France, l’important est la position de l’Iran dans ce domaine ».

« Les rencontres entre l’Iran et l’Europe se poursuivent et on espère parvenir à des résultats, sinon, Téhéran prendra le troisième pas dans les prochains 60 jours », a déclaré M. Araghtchi.

Il s’est ensuite référé à l’appel téléphonique entre les présidents iranien et français, Hassan Rohani et Emmanuel Macron, le reconnaissant « constructif », en affirmant que les deux parties sont intéressées à parvenir à une solution, mais à cause de la politique de pression des US, cela n’est pas trop facile.

Le vice ministre s'est moqué de la convocation par les Etats-Unis d'une réunion urgente du conseil des gouverneurs de l'AIEA, Agence internationale de l'énergie atomique : " C'est un trait d'humour que de voir les Etats-Unis, eux mêmes violateurs du PGAC, convoquer une telle réunion. Dans ce geste, les Américains ne sont suivis par aucun autre signataire. Ils sont seuls et isolés. L'Iran s'attend à ce que le conseil des gouverneurs écoute et suive son argumentation et qu'il l'accepte. Puisque l'Iran a donné assez de temps à la diplomatie". 

Plus loin dans ses propos, Araghtchi a critiqué l'INSTEX, une bonne initiative en soi mais qui "s'est avérée incapable à neutraliser les sanctions pétrolières américaines et les sanctions bancaires qui bloquent les revenus de l'Iran" : " La mise en oeuvre de ce mécanisme a trop duré. C'est un mécanise qui n'apportera aucun recette en devise à l'Iran à moins que les Européens achètent le pétrole iranien ou injectent des crédits à ce fond qu'est l'INSTEX". 

Le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Behrouz Kamalvandi a de son côté évoqué le réacteur d'Arak : " Au lendemain de la signature de l'accord de Vienne l'Iran a désactivé le principal réservoir du réacteur d'Arak mais même à l'époque, le processus de la désactivation a été réversible. il existe pour l'Iran la possibilité de relancer le réacteur à eau lourd d'Arak et ce, dès aujourd'hui même. l'Iran dispose d'une quantité de plutonium dans le second et nouveau réacteur. Nous préférons y travailleur au lieu de nous concentrer sur l'ancien réacteur. La Chine coopère bien avec nous dans ce sens, bien qu'elle soit soumise à de fortes pressions américaines. 

«  L’Iran prend en considération ses prochains besoins, mais pour le moment le réacteur de recherche de Téhéran n’a pas besoin de combustible (de 20 pourcent) », a-t-il ajouté.

Le 8 mai, le président iranien, Hassan Rohani a annoncé que Téhéran suspendrait une partie de ses engagements envers le plan global d’action conjointe (PGAC) et qu’il a donné 60 jours aux pays restant à ce pacte international pour rendre opérationnels leurs engagements dans le cadre du PGAC.

L’accord de Genève paraphé en 2015 a demandé à l’Iran de réduire la capacité d’enrichissement d’uranium, de baisser également de 98% ses stocks d’uranium pendant 15 ans, de ne maintenir que 6000 centrifugeuses en activité qui étaient 19000 à l'époque, de maintenir le niveau d’enrichissement d’uranium en dessous de 3.67% et de ne pas construire de nouvelles installations d’enrichissement d’uranium ou des réacteurs à eau lourde.

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