• sam. / 20 février 2021 / 15:30
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La lettre du général martyr Soleimani à sa fille Fatima

La lettre du général martyr Soleimani à sa fille Fatima

Téhéran (ISNA)- Le lieutenant général de l’Islam et de l’Iran ; le Martyr Qassem Soleimani, commandant de la "Force Qods" du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI), avait écrit une lettre s’adressant à sa fille Fatima, à propos de la philosophie de la vie, du Jihad et du désir du martyre pour la défense des opprimés et des enfants terrifiés du monde.

Voici ci-dessous l’intégralité de cette lettre:

Au nom de Dieu, Le Tout Clément, Le Très Miséricordieux

Est-ce mon dernier départ ou mon sort est autre chose ? Quoi qu’il en soit, je suis satisfait de la satisfaction de Dieu. Dans ce voyage, j’écris pour toi, afin que ces mots te soient un souvenir pour les moments de mon absence lorsque je te manque. Tu peux y trouver peut-être quelque chose qui te sera bénéfique.

À chaque fois que je commence le voyage, j’ai l’impression de ne plus vous revoir. Plusieurs fois en cours de route, j’imaginais vos visages pleins d’amour, un par un, devant mes yeux, et à plusieurs reprises, en pensant à vous, j’ai versé des larmes. Vous m’avez manqué, je vous ai confié à Dieu. Bien que j’aie moins d’occasions d’exprimer mon amour et que je ne puisse vous transmettre mon amour intérieur, mais ma chérie, as-tu déjà vu quelqu’un se regarder devant un miroir et dire à ses propres yeux : « Je vous aime » ? Ça n’arrive que rarement mais cela montre que ses yeux lui sont les plus précieux. C’est vous qui êtes mes yeux ; que je le dise ou pas, vous m’êtes si chers. Je vous ai toujours inquiété depuis plus de vingt ans et Dieu a décidé que cette âme ne s’arrête pas et que vous faites toujours des mauvais rêves. Ô ma fille, que je réfléchisse et que j’ai réfléchi sur ce monde pour faire autre chose pour vous qui vous rendrait moins inquiet, j’ai constaté que je ne puisse rien faire et ce n’était pas et ce n’est ni plus à cause de mon intérêt pour le militarisme. Ce n’était pas ni sera non plus à cause de ma profession. Ce n’était pas ni n’est dû à la contrainte ni à la persistance de quiconque. Non, ma fille, je ne suis jamais en mesure de vouloir vous inquiéter, même pas un instant à cause de la profession, de la responsabilité, de la persistance ou de la contrainte, encore moins vous faire pleurer.

J’ai remarqué que dans ce monde, chacun a choisi pour lui-même un chemin à franchir ; l’un apprend la science et l’autre enseigne la science. L’un fait du commerce, l’autre fait de l’agriculture, et il existe des millions de chemins à parcourir, ou mieux dire, il y en a un pour chaque être humain, et chacun aurait choisi un chemin pour lui-même. Je me suis demandé alors quel chemin devrais-je prêter. J’ai réfléchi beaucoup et passé en revue quelques questions et je me suis demandé tout d’abord, quelle est la longueur de cette route ? Où est sa fin ? Combien de temps ai-je ? Et au fond, quelle est ma destination ? J’ai constaté que je suis un être éphémère et que tout le monde est éphémère. On reste quelques jours et puis on s’en va. Certains vivent quelques années, certains d’autres, une dizaine d’années, mais peu de personnes atteint cent ans. Mais tout le monde part et la vie de tout le monde est momentanée. J’ai vu que si je fais du commerce, le fruit final sera juste la possession des quelques pièces d’or brillantes et quelques maisons et quelques voitures, mais qu’elles n’auront aucun effet sur mon destin dans cette direction.

J’ai pensé que je devrais vivre pour vous, mais j’ai constaté que vous m’êtes très importants et précieux, de sorte que si vous souffrez, la douleur couvrirait tout mon être. Si vous arrive un problème, je me verrais au milieu des flammes. Si vous me quittez un jour, tout mon être s’effondrait. Je me demandais alors comment puis-je résoudre ma peur et mes inquiétudes ? J’ai réalisé que je devais me connecter avec quelqu’un qui puisse résoudre en moi cette question importante et il n’est autre que Dieu. Cette valeur et ce trésor que vous êtes, les fleurs de mon être, ne peuvent être préservés avec richesse ni pouvoir. Sinon, les riches et les puissants doivent être capables de s’empêcher de mourir, ou que leur richesse et leur pouvoir doivent anticiper leurs maladies incurables et les protéger de tomber malades. J’ai choisi Dieu et donc son chemin. C’est la première fois que j’avoue cela ; que je ne voulais jamais être militaire, je n’aimais jamais avoir des grades militaires. Je préfère à toutes positions et postes, le beau mot de " Qassem ", qui venait de la bouche pure de ce martyr Bassidji et Pasdar. J’aimais toujours et j’aime encore être " Qassem" sans suffixe ni préfixe. Par conséquent, j’ai légué d’écrire sur ma tombe, le " soldat Qassem " uniquement et pas même " Qassem Soleimani ", car c’est une exagération qui alourdit le fardeau de la sacoche.

Ma chérie, j’ai demandé à Dieu de remplir toutes les artères de mon être et tous mes capillaires, d’amour de lui-même. Je Lui ai demandé de remplir mon être de son amour. Moi, je n’ai pas choisi ce chemin pour tuer quelqu’un, tu sais que je ne peux même pas voir un oiseau décapité.

Si j’ai une arme, c’est pour résister contre les assassins, pas pour tuer les gens.

Je me considère comme un soldat devant la porte de demeure de chaque musulman qui est en danger, et j’aimerais que Dieu me donne la puissance d’être capable de défendre tous les opprimés du monde. Je ne donnerai ma vie pour le cher Islam, car ma vie en est peu de valeur face à sa grandeur et ni pour le chiite opprimé, dont la valeur est plus grande que celle de mon être, non, non... mais je combats pour cet enfant terrifié sans défense et sans refuge, pour cette femme effrayée qui a un bébé accroché à sa poitrine et pour cette personne sans abri, en fuite et poursuivie par l’ennemi, qui a laissé une ligne de sang derrière elle.

Ma chérie, j’appartiens à cette armée qui ne dort pas et ne doit pas dormir pour que les autres puissent dormir en paix, pourvue que ma tranquillité soit sacrifiée pour leur tranquillité afin qu’ils puissent dormir paisiblement. Ma chère fille, vous vivez chez moi, en sécurité, avec dignité et honneur. Que puis-je faire pour cette fille sans abri qui n’a aucune aide et pour ce bébé qui pleure et qui n’a rien et qui a tout perdu. Alors, faites de moi votre vœu et confiez-moi à Lui.

Laissez-moi m’en aller, m’en aller et partir. Comment puis-je y rester alors que toute la troupe de combattants est partie et que j’y suis resté seul.

Ma fille, je suis trop fatigué. Je n’ai pas dormi depuis trente ans, pourtant je ne veux plus dormir. Je verse du sel dans mes yeux pour que mes paupières n’osent pas se rapprocher, de peur que dans ma négligence, cet enfant sans défense ne soit décapité. Qu’attendez-vous de moi quand je pense que cette fille effrayée, c’est toi, c’est Narjis, c’est Zeinab, et que cet adolescent et ce jeune homme allongé dans l’abattoir et en train d’être décapités, c’est mon Hussein ou mon Réza ? Être observateur ? Être insouciant ? Être homme d’affaires ? Non, je ne peux pas vivre ainsi.

Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous

Fin